Barbelés

Barbelés

Barbelés est le premier titre à paraître dans la collection Libre à vous. C’est le récit autobiographique d’un homme en prison depuis 40 ans. Barbelés est à la fois un magnifique hommage à la littérature et une description crue du milieu carcéral. À travers ses lectures des poètes tels Baudelaire, Nelligan et Paul-Marie Lapointe, des philosophes comme Nietzsche et Sartre, ou des romancières comme Albertine Sarrazin et Nelly Arcan, l’auteur nous livre des pans de sa vie : son enfance, sa jeunesse délinquante, ses amours, ses vols qualifiés et ses détentions, depuis le centre de rééducation de Boscoville jusqu’à l’établissement à sécurité maximale de Donnacona.

C’est un vibrant témoignage, d’une grande qualité littéraire, de la passion de l’auteur pour la lecture, la peinture et l’écriture, ses seuls moyens d’évasion et de réflexion à l’intérieur des établissements pénitenciers «où les insignifiances verbales prennent parfois des proportions démesurées et deviennent des arguments qui, à travers la violence physique, justifient tous les déversements de haine et de refoulement».

Barbelés

340 pages
Version papier
ISBN
978-2-923107-76-9
$ 28,30
€ 17,75
Version PDF
ISBN
978-2-923107-77-6
$ 22,80
€ 13,30
Version EPUB
ISBN
978-2-923107-78-3
$ 22,80
€ 13,30

Né à Québec le 11 avril 1949, Pierre Ouellet a vécu dans divers centres de rééducation avant d’être incarcéré en 1972 pour vol à main armée. En 1986, il a été condamné à vie pour tentative de meurtre et complot de meurtre contre des policiers. Il n’a cessé depuis 1972 de passer d’un pénitencier à l’autre d’où,

Revue de presse

  • En entreprenant la lecture du récit autobiographique Barbelés de Pierre Ouellet, je m’attendais donc à me retrouver dans un univers suintant de violence inimaginable, plein d’hémoglobine et de grincements de dents. Je m’attendais également à retrouver une langue crue, vernaculaire et jouale à souhait.

    Mais Barbelés échappe à tous ces stéréotypes faciles.(…)  Quarante ans de prison ont donné à Ouellet un regard particulier sur la vie, un regard qu’on retrouve rarement dans le foisonnement des publications qui envahissent les librairies. Marie-Claire Dugas, La recrue du mois.

  • Ce livre est à placer au rang des curiosités. Il est imparfait, d’accord. Trop plein de références littéraires et philosophies brandies comme faire-valoir, comme le ferait un élève appliqué qui n’a pas encore digéré ses lectures. Très au ras des pâquerettes, parfois. Complaisant par moments… Et pourtant… J’ai dévoré cet ouvrage autobiographique où un voleur de banques impénitents condamné pour meurtre… se dévoile, se raconte, se réinvente. Danielle Laurin, Le Devoir, 1er et 2 juin 2013.

  • Biz, que l’univers carcéral fascine,  trouve que le récit de Pierre Ouellet, Barbelés, est trop émaillé de citations [littéraires] et pas assez personnel. Plus on est de fous, plus on lit.

  • Une plume qui sort des grillages

    Il décrit de manière crue le milieu carcéral, mais ne laisse pas la philosophie de côté. Son livre est bouleversant. Ce n’est pas le côté littéraire qui importe, mais l’entrée dans un univers inconnu marqué par l’envie constante de l’évasion : par le biais de la lecture, l’écriture, la masturbation, la violence ou la drogue. Pour Pierre Ouellet, la plume le sort des grillages arborant de piquets d’acier.

    Barbelés est une œuvre de réflexion, d’intrusion et d’autocritique poétique. S.E. L’Itinéraire.

  • Un prisonnier qui a des lettres

    C’est sans doute le récit le plus surprenant qu’il nous ait été donné de lire, compte tenu que l’auteur a passé quarante décennies derrière les barreaux. Pierre Ouellet dans Barbelés raconte sa détention longue durée pour des vols avec violence. Et malgré un parcours tordu et une enfance à l’école de réforme, il a un goût incroyable pour les lettres. Avec au final une culture que n’a même pas la majorité des enseignants. A quelque part il est le fils spirituel d’un Charles Bukowski où il raconte les choses de la vie avec une lucidité effrayante. Le seul petit péché mignon c’est l’utilisation de citations nombreuses comme pour prouver qu’il a de la culture. Mais il n’a pas à en faire la démonstration plus avant. C’est un homme cultivé qui a manqué de reconnaissance affective et intellectuelle. Lisez absolument ce livre choc car il dit des vérités surtout bonnes à dire. Culturehebdo, mars 2013.

  • «Son récit, Barbelés, est l’un des livres les plus étranges qu’il nous ait été donné de lire. Une sorte de logorrhée pas mal intense où se mêlent réflexions, poésie, citations, témoignages, souvenirs, dialogues avec d’autres détenus, fantasmes sexuels, espoirs de rédemption… Il n’est pas exempt de maladresses et de redites, de paradoxes et de révélations salaces (l’absence de femmes le fait clairement souffrir), mais ce qui étonne le plus est la qualité des lectures de Pierre Ouellet, qu’il cite abondamment : Baudelaire, Prévert, Hélène Dorion, Anne Hébert, Saint-Denys Garneau, Kafka, Chateaubriand, Ying Chen, Saint-Exupéry, Proust, Céline, Richard Matheson, Balzac, Miller… et on en passe ! Il faut dire qu’il a sa technique personnelle de « prises aléatoires » lorsqu’il va à la bibliothèque : « Lorsque j’en ai cinq, soit le nombre de livres qu’on nous autorise à emprunter, je retourne dans ma cellule et regarde alors les livres que j’ai « choisis ». J’ai parfois d’agréables surprises. Cette manière de procéder a le mérite de me permettre de parcourir des œuvres que je n’aurais jamais lues si j’avais eu à faire un choix. L’essentiel est de lire. Ça passe le temps. Et passer le temps, en prison, c’est du sérieux. »
    Bien des gens en liberté n’ont pas cette curiosité…» Chantal Guy, La Presse+, 5 mai 2013

     

  • Vous aimez écouter la radio? Voici trois émissions qui valent le détour, pour mieux connaître Barbelés de Pierre Ouellet.

    Entrevue de Claude Albert par Patricia Tadros

    Recension d’Andrée Poulin à son émission Divines tentations

    Chronique de Danielle Perreault

     

     

  • Dans son recueil Trois fois passera, Jacques Brault écrit : « Écrire, aimer, il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. Il n’est jamais insignifiant ou désastreux d’échouer. » Pour l’écrivassier que je suis, cette résilience dans les mots du poète est encourageante. Elle m’habite. Toutes ces saisons qui passent dans l’attente d’un meilleur printemps, il faut bien que je les occupe. J’écris pour me creuser le cœur jusqu’au ver qui l’a pourri. (p. 192)

    Ce tout petit paragraphe est un peu à l’image du livre d’où il est tiré : une citation, le plaisir d’écrire, une attente qui ne finit pas, cette dernière phrase comme un coup de poing dans le ventre. Par la tristesse lancinante qu’elle porte, & par les choses qu’elle laisse deviner. Cœur de camomille.

  • Barbelés n’a pas véritablement d’histoire. Ou plutôt, si: toute l’histoire de cette homme, jetée au visage du lecteur sans filtre, sans retenue, par la simple nécessité de comprendre, de savoir. Le style est riche, aussi vif que les pensées qui doivent fuser dans l’esprit du prisonnier à chaque instant. Hugo Prévost, la Pieuvre

  • Pour Danielle Laurin, Barbelés est un objet rare. C’est un livre imparfait, inégal. Mais vibrant, bouleversant. Choquant, dur, cru. Confrontant.

    C’est alors qu’il entreprend la rédaction de Barbelés, sorte de journal de détention, de livre de confessions, d’autocritique. Le tout parsemé de souvenirs, de fantasmes. Et de réflexions existentielles, nourries par des lectures compulsives d’ouvrages poétiques, littéraires, philosophiques.

    Se côtoient allègrement dans Barbelés des références à Baudelaire, Rimbaud, Nelligan, Paul-Marie Lapointe. À Sartre, Nietzsche, Socrate, Épicure. À Prévert. À Marie Cardinal, Nelly Arcan, Nancy Huston…
    Beaucoup, beaucoup de citations. Parfois plaquées, parfois utilisées comme s’il s’agissait d’arguments d’autorité. Un côté surfait, patenté, du genre travail scolaire. Mais… Mais derrière tout cela, une quête d’authenticité, une vraie recherche, une réelle tentative de mise à nu. Et une voix littéraire qui se pointe. C’est ce qu’on se dit. Alors, on continue. On est captivé, dans tous les sens du terme. […]

    Il y a les lectures, il y a aussi les rêves éveillés. Rêves de douceur, de tendresse. De sexe, beaucoup : « Le cul c’est comme la poésie : ça vous emmène ailleurs. » Danielle Laurin, Le Devoir, 9 mars 2013

     

  • Le lecteur est triste quand il tourne la dernière page de Barbelés, de Pierre Ouellet, publié aux Éditions Sémaphore dans la toute nouvelle collection « Libre à Vous ». Il est triste et enchanté. Il vient de lire le beau récit d’un mauvais garçon qui a connu les maisons de correction à partir de l’âge de treize ans, ensuite les différentes prisons du Québec. Premier vol armé en 1972, à vingt-trois ans, condamnation à vie en 1986 pour tentative de meurtre sur un policier. Voilà donc le mauvais garçon enfermé pour longtemps. Il lit – il a toujours lu, nous apprend-il, de la poésie, de la fiction, de la philosophie. Quand il commence à écrire, c’est «par besoin de comprendre mes crimes… et pour simplement passer le temps, ne rechercher que l’agencement des mots pour me distraire du mécanisme chronologique que me slow motion mes journées.»
    Difficile de comprendre les mauvais garçons. Ils ont beau nous expliquer ce qui se passait en eux, ce qui les entraînait dans la violence, cette violence ne se comprend pas et c’est quand l’auteur nous le dit que nous nous sentons proche de lui, semblable.
    «Quand j’avais la mine à terre, dans mon adolescence ou dans ma vie adulte, je finissais toujours par concevoir un projet d’évasion.»
    Il y a du Hubert Aquin, du Réjean Ducharme dans cette donne : s’évader, s’évader tout le temps. Seule issue : lire, écrire, peindre aussi.
    Le livre de Pierre Ouellet se clôt à quelques mois de sa libération conditionnelle. Plus jamais la violence, jamais, nous a-t-il répété maintes fois. Le prière d’insérer nous indique que dix mois plus tard, il récidive, deux fois plutôt qu’une. Le lecteur est triste. En même temps, il se dit : Ouellet, tu nous dois maintenant un autre livre, pour nous expliquer, encore nous expliquer, parce que nous aussi le besoin d’évasion nous démange. Les irrésistibles

  • Dans son article Barbelés, 40 ans en prison, Sarah-Maude Lefebvre met l’accent sur le monde carcéral. Elle cite 6 extraits du livre regroupés sous les titres suivants: Explosion de colère; Otages et évasion; Maudite solitude; Prêts à mourir; l’influence de ma mère et Sans fierté ni courage.

    «Dans un livre coup de poing, écrit-elle, l’homme de 63 ans lève le voile sur la dure réalité du monde carcéral.» Sarah-Maude Lefebvre, Le Journal de Montréal, vendredi 8 mars 2013.

    En ligne, pour les membres VIP du journal à http://www.journaldemontreal.com/2013/03/07/barbeles-40-ans-en-prison