T’es où, Célestin?

T’es où, Célestin?

— Es-tu patriote ?

Cette question-là, Célestin reconnut que, s’il avait longtemps évité de se la poser, il ne pouvait plus éviter d’y répondre. Il se sentait Papineau. Il se sentait Nelson. Il se sentait Côté. De la même manière que, sous la remise, il voyait par les yeux d’Émilien Boudreau, de Gus Robert, de Louis Ménard et de Gédéon Beaudin, comme si, en certaines circonstances, les frontières personnelles tombaient au profit d’un collectif. […]

Sur le chemin de retour, les champs enneigés lui ouvrirent les yeux. Il redevint lui-même. Les aspirations belliqueuses tombèrent. Il avait une famille. Qu’arriverait-il à Céleste et aux enfants si Napierville se transformait en Saint-Charles ou en Sainte-Scolastique ?

T’es où, Célestin? raconte le destin de Célestin Verdier, un cultivateur devenu patriote durant les troubles de 1837-38 à Napierville, et des répercussions de son engagement, sur lui et sur sa famille. Ce roman rend hommage aux oubliés de l’histoire des Patriotes, les femmes et les enfants.

T’es où, Célestin?

194 pages
Version papier
ISBN
978-2-924461-02-0
$ 22
€ 14,90

Alain Poissant est né à Napierville et a grandi sur une ferme. Au cours des années 1980, il a publié plusieurs romans, notamment Dehors les enfants, Vendredi-Friday et Carnaval, qui ont marqué l’espace littéraire. En 2005, il était lauréat du prix littéraire de Radio-Canada pour son récit: Un ciel bleu rose. Son roman Heureux qui comme Ulysse souligne son retour à la littérature.

Revue de presse

  • Au sujet de T’es où Célestin?, Jean-François Villeneuve écrit: « L’auteur témoigne de ces vies fracturées, de cette famille sans contrôle sur les jeux politiques et des décisions arbitraires prises par des élites aussi puissantes que distantes qui font, en définitive, bien peu de cas des peuples ne voulant que vivre en toute simplicité sur leurs terres. Jean-François Villeneuve, La Presse.

  • Quand Célestin épouse Céleste, il croit qu’il travaillera toute sa vie comme cultivateur, soumis à son propriétaire. Mais à Napierville, en 1837, les Patriotes tentent de se soulever contre l’oppresseur. Célestin épouse leur dangereuse cause…

    Peu d’auteurs savent rendre comme Alain Poissant le labeur de la terre, la modestie de la vie des gens qui sèment, traient les vaches, espèrent la pluie, le soleil. Cette simplicité poignante se double ici d’un réel effroi pour le sort de Célestin; on assiste le cœur serré à son arrestation, on espère comme son épouse qu’il s’en sortira. Un roman terriblement émouvant qui nous fait connaître ceux qui étaient dans l’ombre de Papineau. Chrystine Brouillet, Salut Bonjour.

  • Sur fond de Rébellion des Patriotes, ce récit suit la vie de Célestin Verdier, qui se voit entraîné dans les événements menant aux confrontations de 1837-1838. Au-delà des revendications, ce roman s’attarde à la servitude des Canadiens devant les Anglais, la dépossession des terres et la rupture des familles happées par cette révolte prestement anéantie. La famille, justement, se retrouve au cœur de cette œuvre. Quelles sont les cicatrices laissées par un conflit à ceux qui ont dû prendre parti, ne serait-ce que par les gestes portés par un père, un mari ? La narration, qui suit les Verdier avant, pendant et après la Rébellion, s’étend avec sensibilité sur les ravages de l’éloignement et des pertes de toutes sortes. De l’espoir, aussi, transmis en partie par les apprentissages, en particulier de l’écriture, qui relie les différents destins. L’auteur témoigne de ces vies fracturées, de cette famille sans contrôle sur les jeux politiques et des décisions arbitraires prises par des élites aussi puissantes que distantes qui font, en définitive, bien peu de cas des peuples ne voulant que vivre en toute simplicité sur leurs terres. Jean-François Villeneuve, La Presse

     

  • « Si les québécois sont stigmatisés par la peur de la révolte et honnissent de faire des vagues, il leur faut lire ce roman qui nous rappelle que nos ancêtres n’étaient pas des peureux. Surtout pas les Patriotes, gens de convictions. On fait connaissance avec un cultivateur de Napierville, Célestin Verdier, et sa progression nationaliste et ce qu’il en coûte d’avoir des convictions. Qui donne des coups doit s’attendre à en recevoir. C’est un être pétri de courage, qui force l’admiration. Après la lecture [du roman] on s’interroge: est-ce que la terrible répression qui s’abattit sur les patriotes de 1837 a été la genèse de cette terreur renfermée et qui paralyse toute idée de se battre pour ses idées ?» Daniel Rolland, Culturehebdo, février 2015.

  • « Nous retrouvons chemin faisant la magie du verbe de l’auteur, ses formulations fantaisistes, ses dialogues savoureux. Talent de conteur indéniable. Brisures de rythme, changements de points de vue, sens de l’ellipse.» Danielle Laurin, Le Devoir.